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Profils: Internet, identités et histoires

Ludmilla Cerveny
22 september–28 october 2011

Photography


Ludmilla est une fille du web. De réseaux en réseaux, elle s’inspire, s’informe, s’intéresse et s’identifie: les influences lui parviennent de toutes parts. Sa culture s’enrichit de nouveaux éléments comme son profil de nouveaux commentaires. Puis ça ricoche, tout va très vite. Avec l’outil internet s’ouvre une porte sur le monde entier où fouiner devient un passe-temps sans limite. Et une mine d’informations.

Penchant intergénérationnel, la vie sociale virtuelle crée de nouvelles règles et un univers propre où chacun a son rôle à jouer; et ce chacun bénéficie d’une liberté totale dans la manière de se représenter. Un savant mélange de fiction et de réalité impossible à démêler.

De nouveaux personnages viennent donc compléter son histoire et lui procurent la matière à raconter. Au gré de ses rencontres (virtuelles), qui pour une bonne partie d’entre elles deviendront physiques et bien réelles, elle s’imbibe des clés d’une génération, de leur manière de faire, jouant elle-même le jeu, d’où sa volonté de documenter cette période de sa vie.

Ludmilla nous propose certaines de ses rencontres, des filles et des garçons de son âge, tous unis par le lien du web, preuves à l’appui.

Ludmilla Cerveny a 23 ans, vit et étudie l’architecture à Nancy.

“Pour peu que nous nous soyons frotté au web 2.0, évolutif et participatif, nous avons eu notre propre expérience d’une interaction avec un Autre virtuel.

A partir des années 2000, le foisonnement des forums, des blogs, des sites communautaires et le début des réseaux sociaux ont généré un enthousiasme général. De là sont nés des espaces virtuels de jeu (par jeu j’entends interaction créative et évolutive) où ont germé des histoires fictives mais néanmoins réelles.

La question d’identité, dans l’ambigüité virtuel/réel du profil, est apparue, engendrant une large possibilité fictionnelle. L’identité est romancée, déclinée en narrations. Il faut, à travers ledit profil, comme à travers un masque, se présenter d’une façon particulière, établir son personnage.

Facebook est plus trivial parce qu’il est basé sur du réel « fictionnalisé » tandis que Myspace se basait sur une fiction du réel. En d’autres termes, Facebook permet de romancer de sa vie alors qu’avec Myspace on construisait son personnage et son histoire à partir d’une vraie personnalité/vie. Il y a une énorme différence: Myspace proposait une part d’onirisme, d’ouverture alors que Facebook n’est qu’un étalage voyeurisme.

Ce projet fait un état des lieux de mes rencontres virtuelles puis physiques sur internet de 2006 à nos jours en rapportant les preuves de l’évolution de celles-ci: une volonté de documenter cette période, faire le bilan d’une aventure nouvelle donc générationnelle et témoigner de l’ambigüité entre réel et fictionnel.
Le projet se découpe en plusieurs parties: d’une part les portraits de ces personnes rencontrées et, d’autre part, les interactions virtuelles entre elles et moi. Ces éléments tendent à démontrer la richesse, la complexité de ces rencontres et les possibilités offerte par le web: son interactivité, son instantanéité…

Internet est un terrain propice aux jeux de rôle, voici quelques personnages, au spectateur de démêler le vrai du faux,
le fictif du réel.”