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My monkey is a french gallery and a small coworking space. It is a good place to see good contemporary art & design.
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A silent night

Alexandre Del Torchio, HeeWon Navi Lee
1 octobre 2010, de 20h à 3h du matin

Multimedia

A silent night, dialogue nocturne entre deux œuvres immersives
Pour la troisième édition de la Nuit Blanche de Metz, mymonkey et le studio NKW proposent d’éprouver le son et la lumière à travers deux œuvres en opposition franche.

Face à face, deux containers. Deux œuvres à pénétrer qui invoquent nos sens. Sous une apparence trompeusement similaire, deux boîtes disposées dans l’espace public (un terrain vague, un parking ou une place publique …) proposent aux visiteurs de s’immerger dans des univers visuels et sonores que tout oppose à première vue … et écoute.

La première boite est sombre, baignée d’une douce obscurité, à peine animée par la vibration aléatoire d’un ciel étoilé. Elle diffuse des sons, des bruits, ceux d’une ville, subtilement assemblés à des motifs mélodiques, au gré du scintillement des leds de son plafond. Elle incite les visiteurs (quatre personnes à chaque fois) à s’étendre sur des matelas, à prendre le temps.

En opposition, la seconde boîte est inondée de la lumière froide et discontinue d’un stroboscope. Elle nous invite à l’expérience du silence absolu que peu d’entre nous ont déjà pu pratiquer. Le visiteur s’y tient debout pour quelques instants dans un rapport frontal au caisson insonorisé dont les parois s’animent étrangement sous l’effet violent de la lumière.

Et pourtant, malgré l’opposition bruit-silence/le contraste lumière-ombre, la distance n’est pas si grande entre les deux pie?ces et c’est de leur association, dans l’interstice qui les sépare, que se révèle finalement l’expérience sensitive vécue. Il n’y a plus de doute, dans l’obscurité comme dans la lumière, dans le silence comme dans le bruit, c’est la même intensité sourde que l’on peut éprouver.

C’est là la force d’Hee-Won Navi Lee et d’Alexandre del Torchio: cultiver le paradoxe, l’apprivoiser pour en isoler la dualité. L’opposition sensorielle n’est qu’une étape dans le processus de rapprochement qui s’opère à la jonction des univers, à la limite des sensations, lorsque le noir cède la place au blanc, le silence au bruit, l’ombre à la lumière…
Faut-il y voir un rapport discret mais efficace aux symboles du yin et du yang, présents sur le drapeau sud-coréen ? De cette dualité sont nées une collaboration et une relation intime qui transcendent les cultures et la géographie, pour nous livrer leur vision de la complémentarité, presque de leur osmose biculturelle.

Deux origines (Corée du Sud / France), deux pulsions culturelles dissonantes, évasées, mais réunies dans l’accomplissement artistique qui dépasse les clivages et disparités régionales pour sublimer le rapport identitaire et honorer le métissage des influences. De l’ouïe à la vue, du rien au tout : l’exposition nous invite à franchir les limites imposées par nos sens et nos cultures, qui créent nos a priori, génèrent nos jugements premiers, et qui se révèlent bien souvent incomplets.

Lieu: parking de la présidence de l’université Paul Verlaine, île du Saulcy
Dans le cadre de la Nuit Blanche 3 de Metz, et le cycle d’exposition Strange air in the night